Sidérurgie en Allemagne : ArcelorMittal stoppe les plans verts !
Salzgitter reste un pionnier dans la production d'acier vert, tandis qu'ArcelorMittal met ses ambitions sur pause. Un aperçu.

Sidérurgie en Allemagne : ArcelorMittal stoppe les plans verts !
L’évolution du secteur sidérurgique est actuellement sur toutes les lèvres. L'accent est particulièrement mis sur les projets de production d'acier vert après qu'ArcelorMittal a étonnamment arrêté ses projets en Allemagne. Comme le rapporte Welt, les coûts élevés de l'électricité et la disponibilité insuffisante d'hydrogène sont les principales raisons de cette décision. Malgré un volume de financement impressionnant de 1,3 milliard d'euros, l'entreprise n'a pas pu garantir la faisabilité économique.
En revanche, les concurrents Salzgitter et Thyssenkrupp poursuivent leurs plans de transformation. Gunnar Groebler, PDG de Salzgitter, considère en particulier le passage à des méthodes de production basées sur l'hydrogène comme un « pont » vers l'avenir. Salzgitter a déjà terminé la construction et prévoit de poursuivre les travaux de construction au siège social.
Progrès des concurrents
Salzgitter annonce que le premier acier vert devrait sortir des chaînes de production au premier semestre 2027. L'entreprise a déjà conclu des accords de réservation pour les quantités produites, une stratégie claire pour sécuriser la clientèle. Groebler fait référence à une étude qui suggère que la voie classique des hauts fourneaux ne sera plus rentable d’ici le milieu des années 2030.
Thyssenkrupp Steel Europe ne reste pas non plus inactif. L'entreprise prévoit de construire une usine de réduction directe à Duisburg, soutenue par un financement d'environ deux milliards d'euros. L'engagement de Thyssenkrupp et de Saar-Stahl-Holding dans des projets de transformation en cours soutient l'engagement du secteur en faveur de la décarbonisation.
Le défi de la décarbonisation
Les défis que le secteur sidérurgique doit relever sont énormes. Les coûts énergétiques élevés et la pression exercée par des cadres réglementaires inadéquats constituent un obstacle de taille. Groebler a mis en garde contre les conséquences potentiellement négatives d'un déclin de la production d'acier en Allemagne, car l'acier est une ressource stratégique non seulement pour les chaînes de valeur, mais aussi pour les infrastructures et la défense.
Du côté positif, ArcelorMittal a encore des projets dans d'autres régions, comme la construction d'un four à arc électrique à Dunkerque, qui devrait accroître la flexibilité de l'entreprise. Leurs objectifs déclarés de décarbonation d’ici 2050 restent également en place, comme le montre leur stratégie de production climatiquement neutre en Europe, qui comprend également des approches innovantes telles que les technologies intelligentes en matière de carbone pour réduire considérablement les émissions de CO2.
Innovations pour un avenir vert
Un autre projet passionnant vient du groupe SMS, qui a développé une technologie prometteuse pour la réduction du CO2 avec le procédé EASyMelt. Ce processus pourrait constituer un moyen rentable de moderniser les usines existantes tout en réduisant les émissions de plus de 60 pour cent par rapport à la voie traditionnelle des hauts fourneaux. L’accent mis sur la flexibilité et les technologies innovantes pourrait fournir un avantage décisif dans la concurrence mondiale tout en évitant d’importants goulots d’étranglement au niveau de l’approvisionnement.
L’industrie sidérurgique se trouve donc à la croisée des chemins. Alors qu'ArcelorMittal a suspendu ses projets, d'autres entreprises montrent qu'avec l'innovation et un engagement clair en faveur de la décarbonisation, un avenir vert est possible. Reste à savoir comment la situation va s’inverser dans les années à venir et quel rôle l’Allemagne y jouera.